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Où va la presse HiFi en France ?

Question posée lors d'un échange ce jour.
Forcément, on était au bistro (dans un bon petit restau de quartier plus exactement), et inévitablement, on a refait le monde, en plus parfait.

Constat: la presse HiFi désole quasiment tout le monde depuis pas mal de temps, et, j'oserais dire, même ceux qui la font.

Entre les attentes des lecteurs: les légitimes, les recevables, les contradictoires, les antagonistes, les subjectives ou partisanes, les mono-maniaques, et l'idée que les acteurs de la presse se font, de ce qu'il font, de ce qu'ils devraient faire, de ce qu'ils pourraient faire, de ce qu'ils rêveraient de faire, il y a un monde.
Et même du coté de ceux qui font la presse HiFi, il semble y avoir des carcans, des frontières infranchissables, des tabous, dont comme pour les vendettas les plus anciennes, on semble avoir perdu les justifications profondes, exactes, légitimes et rationnelles des pratiques actuelles, dévoyées pour de mauvaises raisons. Comme si les uns, acteurs faiseurs de la presse, se croyaient enfermés à ne pouvoir, ne devoir faire que ce que les autres, les clients potentiels, le marché des acheteurs de matériels et lecteurs de presse HiFi, ont fini par avoir en détestation; les acteurs agissent de manière univoque plus par réaction, par peur de porter tort aux fabricants et professionnels, que par action directe, dans le sens d'un lectorat qui trouverait alors un intérêt majeur à l'achat d'une revue. Les professionnels fabricants et importateurs, de leur coté, regrettent la dilution des clients, du marché, et les difficultés toujours croissantes du secteur.
Y a pas plus serpent qui se mord la queue que cette mécanique là.

Et on peut aussi parler des rédacteurs enfermés dans des tours d'ivoire protégées, sûrs de leur bon droit et de leur omni-puissance, érigée en omniscience, autistes à ce que sont réellement les appareils, et à ce qu'en jugent les utilisateurs-lecteurs de revues.

Les quelques rédacteurs compétents dans leurs analyses techniques et leurs évaluations par les écoutes craignent de fâcher les fabricants, importateurs et distributeurs, et du coup, nous masquent leurs profondes et réelles capacités d'évaluation et d'expertise, en bien, comme en reproches, réserves et toutes utiles remarques sur les produits proposés.

Il y a pourtant tous les ingrédients pour faire repartir la mayonnaise. (En tout cas, après la bouteille de rosé pour faire descendre les excellentes charcuteries espagnoles, c'est l'expertise qu'on en a fait !).
Mais vient se greffer une autre problématique: l'incontournabilité d'internet (oui, je néologise), qui participe aussi au chamboule-tout du problème. Concurrence, autres mœurs, autres modèles économiques, modèles économiques de transition papier/internet qui restent à définir/inventer (pas d'exemples de réussites en Hifi, mais des modèles viables dans d'autres secteurs).

Bref, la presse HiFi est à la fois empêtrée avec de vieux démons et des vieilles habitudes installés peu à peu, peine à trouver des modèles économiques viables pour une transition ou une ouverture à internet, les vrais experts tant techniques que de qualité d'écoutes s'automusèlent pour des raisons légitimes et généreuses (je le sais, ce ne sont pas que les impératifs économiques qui conduisent certains à une surprotection des marques, appareils et fabricants, mais au contraire de la générosité, de l'empathie et de la volonté de soutenir un secteur et des acteurs d'une solidité, disons, perfectible);  mais passent (à mon avis) à coté de l'intérêt de leurs propres capacités de critiques et d'évaluateurs pointus, qui intéresseraient diablement les lecteurs, papier autant que net; et à moyen terme, un peu plus de sincérité et de transparence et de détails sur les résultats réels des appareils pousseraient les fabricants à une exigence renouvelée, à des remises en cause salvatrices et porteuses de progrès qualitatifs. Et cette sincérité ferait revenir les lecteurs, et leur intérêt pour les bancs d'essais, enfin redevenus pleinement informatifs, de manière plus exhaustive et efficace. Au final, tout le monde pourrait avoir à gagner.

Mais ça implique: le changement d'habitudes, une autre manière d'envisager les problématiques, trouver les collaborateurs et participants vraiment efficaces et fiables, mettre en place un modèle économique qui puisse être viable.

Mon copain de Rosé me dit que c'est possible, et à entendre ses arguments, j'ai tendance à le croire. Mais il faut sortir du café, et aller voir les bonnes personnes (on a les noms !)
En tout cas, faut que ça bouge, sinon ça va être la mort lente du petit cheval; ce qui serait vraiment dommage, vu les vraies capacités de certains, tant dans le domaine de l'expertise HiFi et sons musicaux, que dans l'expérience managériale réussie. Simplement le monde du net n'est pas de l'époque de certains; les business-plans de la presse écrite, les modèles ne sont pas transposables au net. Il faut complètement repenser les rapports rédacteurs/lecteurs/annonceurs, envisager totalement les équilibres d'impact d'un lectorat (intérêt des lecteurs au contenu rédactionnel, intérêt des annonceurs au flux de lecteurs), les flux d'intérêts financiarisables, les types de rentrées financières; il faut des collaborations avec d'autres compétences et visions, venant d'autres sphères du net, et qui ont su mettre en oeuvre des solutions qui tiennent la route économiquement.

Il faut aussi repenser le lien (en le coupant de manière définitive et en isolant totalement ces entités) entre le système de régie publicitaire et le pôle rédactionnel, le flux financier provenant non pas directement du bien dit sur les produits, mais de la fréquentation suscitée par l'intérêt rédactionnel. C'est le simple fait de parler de produits qui doit être porteur pour l'annonceur, pas le jugement qui en est fait. Et c'est la fréquentation qui intéressera les annonceurs, qui ne pourront intervenir ou influencer le contenu éditorial.

Ca implique de border le contenu éditorial, qu'il soit de qualité, efficace, neutre, et/ou présentant des sensibilités très diverses, et si possible représentatives.
On tente un truc ? on en cause ici.

Pour commencer, les questions à poser :

-que rêveraient de faire, dans un monde sans contraintes, ces vraies oreilles efficaces et expertes qui sont à l'oeuvre dans certaines revues, mais qui assourdissent sous la couette leurs cris, réserves, et analyses profondes des appareils ? (on ne perçoit, en lecture au 3° degré de leurs bancs d'essais toujours très enthousiastes à lecture simple, que leurs grands coups de cœur, et quelques moues dubitatives, guère plus de détails); je note de leur poser la question ("que rêveraient-ils de faire ?"); j'ai déjà entendu des bribes de réponses de certains, et ça sent bon; ils en auraient, des choses à dire. Ils se feraient plaisir, avec de la franchise. Mais pour l'heure, se brident, pour de mauvaises raisons, ou pour de bonnes raisons, mais avec des conséquences et des effets complètement contre-productifs aux buts intéressants et désintéressés poursuivis (faire vivre la structure éditoriale et rédactionnelle, accompagner efficacement les fabricants, nourrir le lectorat d'infos pertinentes, intelligentes, efficaces, voire éducatives).

Problème: les oppositions, les arguments contre toute expression sincère, pleine et entière que les mêmes se mettent, les barrières qu'ils se construisent eux mêmes, pour protéger ceux-ci (les fabricants et importateurs intéressants), qui le méritent, et ceux là, qui font croûter. Efficacité de la protection ? Le secteur s'en porte-t-il mieux ? Le lecteur est-il plus satisfait ? La revue se vend-elle plus ? les fabricants arrivent-ils mieux à s'en sortir, et à progresser ?
Un autre système d'action est-il possible ? Il semblerait que oui.
D'abord ça (des revues qui n'hésitent pas à dire des choses qui peuvent fâcher, et multiplier les informations un poil plus pertinentes, même si la justesse n'est pas toujours au rendez-vous, c'est un autre problème) ça donc existe à l'étranger, et ça existe dans d'autres secteurs.

Des expériences ont-elles été tentées ?

Point important, invoqué comme justification à l'immobilisme apparent de la presse HiFi française: les quelques timides expériences françaises de "nettisation" (autre néologisme, niveau 2° année) de la presse et du journalisme HiFi n'ont pas trouvé leur équilibre. Mais qui a fait ? des journalistes dont l'expérience se situe dans leur travail de presse écrite, pas dans celui de manager ou d'entrepreneur de la net économie. Voir avec des spécialistes d'entreprises du net, dans des domaines de consommation d'appareils électroniques, il y a semble-t-il des choses à explorer par là.

Ce ne sont pas les expériences de googlisation du plus important forum HiFi français (HCFR) qui pourront réconcilier avec ces tentatives, ou faire penser à un modèle viable et intéressant. Malgré une fréquentation importante et des collaborations par essence multiples, le système de rentrées financières du plus gros forum spécialité HiFi de France n'a pas généré un modèle qui puisse permettre d'envisager, par une structure équivalente, mais moins bénévole, le financement d'un titre de presse à contenu éditorial et rédactionnel de qualité. Ce modèle là a montré un intérêt avéré et certain: engraisser Google, sur le dos des annonceurs, des forumeurs et des gestionnaires de ce site, qui peinent à faire vivre et développer leur modèle (et pour cause). Cette régie externe Google n'est sûrement pas la solution la plus adaptée pour acquérir l'autonomie financière de la structure presse envisagée. Tout au plus un complément de revenu, à espérer qu'il y ait d'autres rentrées financières.

Idem pour la tentative internet de la revue Haute Fidélité, qui n'a jamais débuté de rentrées permettant d'envisager à terme un basculement papier/web, ni même une plus grande complémentarité, ou une sortie de crise grâce à ce nouveau débouché.

Et pour les quelques blogs HiFi intéressants (On-Top Audio, EV Mag, ...), contenu rédactionnel de qualité, mais limité, et à priori rentrées insuffisantes pour leurs pourtant rares rédacteurs, qui doivent piger à l'extérieur pour compléter les moyens d'existence.

Cinenow semble être une structure qui utilise de bonnes méthodes, mais le contenu est limité aux informations produits en provenance des constructeurs; pas d'évaluations, tests et bancs d'essais.

Alors: faire ou pas faire, tenter ou pas tenter, solutions ou pas solutions ?

Oui, les problématiques ne sont pas simples, oui il faut de la révolution, de l'évolution, des personnes capables, compétentes et efficaces, à insérer dans des modèles économiques qui ne préexistent pas dans ce secteur.
C'est somme toute normal que la presse HiFi en soit là si elle n'a pas pu évoluer, ni trouver les voies pour s'adapter. Mais il semble que ces voies puissent exister. Il faut mettre en lien les acteurs et les compétences des différents domaines.

En tant que revendeurs, on est un peu à la charnière de différents mondes: on va voir ce qu'on peut envisager; au moins distiller des demandes, des ouvertures, montrer des possibles, voire mettre en contact certains acteurs.
C'est une aventure intéressante, ouverte, qui devra de toutes manières se mettre en place, de gré avec enthousiasme, ou de force, dans la douleur, les regrets et les destructions inéluctables si rien ou personne ne bouge.

Autant l'envisager de manière volontaire, et d'autant plus si on peut le faire dans des chemins un peu protégés, sans risques financiers inconsidérés, si comme il semblerait des pistes sérieuses soient envisageables.

Il y a plusieurs chantiers à mener:

-un modèle économique de financement, créé ex nihilo, ou plus probablement en adaptant des modèles préexistants, hybrides ou greffes à réussir entre les annonceurs du modèle Presse Papier, la gestion et la valorisation de flux de visiteurs Web, les annonceurs sur des modèles Web (et amener les annonceurs HiFi à ce type de communication), avec un modèle de régie à adapter (pas tout pour Google), certains modèles de financements par services et produits aux particuliers ?, ...

-une structure rédactionnelle, indépendante, proposant un contenu riche, permettant de retrouver les contenus et comportements perdus, et adopter des services spécifiques permis par la structure web:
-charte: déontologie, indépendance vis à vis de la régie des annonceurs, collaborations, apports participatifs multiples, complémentarité papier/web, évènements, guides, contenus didacticiels, produits, actualités, espaces d'échanges, ...

Qui fera ces avancées, qui osera, sans aller au casse-pipe, comment se produira ce basculement inévitable, sauf à ce que la presse papier actuel opère un revirement salutaire qui diffèrerait cette inéluctable évolution ?

De note coté, nous allons tenter, à notre échelle, de secouer quelques cocotiers. Pour comprendre, pour pousser à la réaction, se faire expliquer les craintes, les risques, les raisons de l'apparent immobilisme actuel, et, espère-t-on, ouvrir quelques pistes.

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