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iPodz
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Message non lu 17 déc. 2017, 15:52

mélaudiophilea écrit :
16 déc. 2017, 16:48
Depuis pas mal d'années j'ai un certain mépris pour ce genre de films, de biopics ou autres analyses psychiatriques de bazar des artistes, qui recherchent les fêlures, les côtés noirs ou les aventures sexuelles ou chimiques, en fait depuis les Doors d'Oliver Stone où on voyait le pathétique Morrison - niveau voici ou autre torchon. Il a fallu que je réécoute des albums des Doors pour rétablir les choses et voir pourquoi on s'intéressait à eux: leur musique...Ah bon ! Ils ont fait de super albums .......Et Morrison écrivait de magnifiques textes, et chantait bien, en plus?
Idem pour le film "Nico icon" qui m'a fait mal au ventre. J'aime beaucoup Nico depuis le Velvet et ses albums solos magnifiques, je l'ai vue en concert et c'est tout ce qu'il y a à savoir d'elle, pas besoin de savoir qu'elle a joué dans la dolce vita ou a eu un fils avec Delon ou été héroinomane...
Ma curiosité incorrigible m'a amené à voir d'autres séries Z de ce type sur Ray Charles, Johnny Cash, ........ mais je n'ai pas poussé le vice jusqu'à payer.....

On ressortira peut-être le sujet favori de dissert de français de première: la vie / l'oeuvre....On se fout de la vie, c'est l'oeuvre qui compte et si un connard fait une oeuvre superbe il vaut mieux ne pas savoir. L'exemple ultime étant Céline et son "voyage au bout de la nuit" - était-il le sinistre antisémite ou le bon samaritain qui soignait les pauvres gratis ? Si on ne sait rien on lit le bouquin sans à prioris.
J'ai une excellente "histoire de la musique" de Rebatet, mince......, je n'aurais pas dû la lire....

jean
Sans Vie de l'artiste (positive comme négative) il n'y a pas la même œuvre à l'arrivée...
Quand j'entend la voix déchirante de Billie Holiday, je comprend de suite qu'elle n'est pas née du bon coté de la société américaine, ni dans les beaux quartiers...
Quid des solos de Parker sans l'héroïne ?
Est ce que Baker aurait été aussi attendrissant et génial sans sa descente aux enfers ?
Vouloir balayer les "problèmes" des artistes en les planquant sous le tapis, alors que c'est en parti ce qui les fait accoucher de leurs chef d'œuvre est un raccourci qui me semble un poil expéditif.

Et je ne lis aucune presse people... :vomi:

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David
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Message non lu 17 déc. 2017, 15:55

Matthieua écrit :
15 déc. 2017, 07:22
Bonjour,
Vu hier soir... Assez déçu dans l'ensemble. Côté scénario c'est le vide sidéral.
Ah oui ? Pire que le 7 ? J'ai déjà été plus que déçu par le 7 alors je me dis que le 8 ne peut pas être pire :ko: j'en avais même préfèr Rogue One que j'avais trouvé intéressant.
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mélaudiophile
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Message non lu 17 déc. 2017, 16:25

iPodza écrit :
17 déc. 2017, 15:52

Sans Vie de l'artiste (positive comme négative) il n'y a pas la même œuvre à l'arrivée...
Quand j'entend la voix déchirante de Billie Holiday, je comprend de suite qu'elle n'est pas née du bon coté de la société américaine, ni dans les beaux quartiers...
Quid des solos de Parker sans l'héroïne ?
Est ce que Baker aurait été aussi attendrissant et génial sans sa descente aux enfers ?
Vouloir balayer les "problèmes" des artistes en les planquant sous le tapis, alors que c'est en parti ce qui les fait accoucher de leurs chef d'œuvre est un raccourci qui me semble un poil expéditif.

Et je ne lis aucune presse people... :vomi:

:thks:
Oui, la vie retentit sur l'oeuvre, je ne dis pas le contraire, mais c'est inutile et même parfois néfaste de la connaître surtout quand on s'attache aux aspects sordides ou malsains, cette influence est difficile à mesurer (en dépit de, grâce à, ou sans rapport ?), car ça peut déformer la perception des oeuvres inconsciemment, tu le fais d'ailleurs en associant le génie de Chet à sa descente aux enfers, ce qui n'est qu'une supposition sans aucun fondement sauf le parallélisme temporel entre sa vie et sa musique car sa musique se produit durant sa vie.
Il faut quitter les concordances faciles, par exemple Charlie Parker avait dit justement que s'il jouait bien c'était malgré l'héroïne qui le bridait, et il regrettait que des crétins se mettent à l'héroïne pour bien jouer en suivant son "exemple".
Ce ne sont pas leurs problèmes qui les font accoucher de leurs oeuvres, c'est leur créativité, il y a des milliers de mecs qui vivent l'enfer et sont secs créativement et des types bien dans leur peau passionnants . De toute façon je ne parle pas de balayer les "problèmes" des artistes en les planquant sous le tapis, je parle simplement de ne pas s'en occuper, il n'y a que l'oeuvre qui nous concerne et il serait bien hasardeux de faire des liens de causalité.

Cependant, on peut être intéressé par la bio d'un artiste, mais à mon avis sur ce qui concerne son art, ses influences, sa façon de voir les choses, ses goûts....Je peux être intéressé par la vie de Chet mais je n'ai pas besoin de le voir défoncé sur un plumard, et presque rien sur ce qui justifie qu'on l'écoute - mais comme la plupart des bios focalisent sur ces aspects....avec exceptions bien sûr.

jean
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Matthieu
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Message non lu 17 déc. 2017, 17:13

Davida écrit :
17 déc. 2017, 15:55
Matthieua écrit :
15 déc. 2017, 07:22
Bonjour,
Vu hier soir... Assez déçu dans l'ensemble. Côté scénario c'est le vide sidéral.
Ah oui ? Pire que le 7 ? J'ai déjà été plus que déçu par le 7 alors je me dis que le 8 ne peut pas être pire :ko: j'en avais même préfèr Rogue One que j'avais trouvé intéressant.
Je me suis vraiment ennuyé. Tout est survolé, comme la mission avec Finn qui n'apporte vraiment rien et qui a été bâclée selon moi. Un commandant d'escadrille qui tente de nous faire oublier Han Solo mais qui n'y arrive vraiment pas, Kylo Ren qui a autant de charisme qu'Olivier Mine. (Et il se rase le torse!!!)
C'est juste une longue bataille de 2h30 avec de trop nombreuses références aux anciens épisodes.
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noodlefr
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Message non lu 17 déc. 2017, 19:44

Bonsoir,

Sur la connaissance de la vie des artistes :
Il peut être très utile à un chef d'orchestre, musicien etc.. de connaître dans quelles circonstance telle ou telle œuvre a été écrite.
Je ne suis pas partisan de couper les partitions de leurs auteurs, quel qu'en soit l'âge.
Un travail d'imprégnation doit être mené dans la restitution et l'écoute d'une œuvre. On la joue alors et on l'écoute d'une autre façon.
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Message non lu 17 déc. 2017, 20:18

noodlefra écrit :
17 déc. 2017, 19:44
Bonsoir,

Sur la connaissance de la vie des artistes :
Il peut être très utile à un chef d'orchestre, musicien etc.. de connaître dans quelles circonstances telle ou telle œuvre a été écrite.
Je ne suis pas partisan de couper les partitions de leurs auteurs, quel qu'en soit l'âge.
Un travail d'imprégnation doit être mené dans la restitution et l'écoute d'une œuvre. On la joue alors et on l'écoute d'une autre façon.
justement c'est ce qu'il ne faut pas faire, emprisonner l'oeuvre dans des considérations externes, la ramener à autre chose, les oeuvres transcendent la vie, elles doivent voler de leurs propres ailes - si on en a besoin c'est qu'on n'y pige rien et qu'on a besoin de béquilles. On appuie l'architecture musicale par du verbiage. On a beau savoir tout ce qu'on veut, les harmonies et les mélodies nous touchent ou non et ce n'est pas parce qu'on sait qu'Elise a quitté Beethoven (est-ce bien vrai ? petit quizz) que ça permettra d'apprécier.

Pour reprendre l'exemple des Doors que j'ai cité plus haut, quand j'ai entendu leur premier album superbe, je ne savais rien sur eux, et si j'avais vu le film d'Oliver Stone auparavant ça ne m'aurait pas aidé, bien au contraire.
Au fait, sait-on qui est Homère ? se droguait-il ? était-il plusieurs sous un nom commun ? ....

jean
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DJ Xav
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Message non lu 17 déc. 2017, 20:33

Bonsoir,

Si l’oeuvre a besoin du contexte de la vie de l’artiste pour devenir intéressante, c’est qu’elle est creuse et très dispensable. Ou alors on considère que ces personnes sont l’oeuvre par elles-mêmes, comme Paris Hilton et Kim Kardashian qui sont leur oeuvre, elles ne produisent rien d’autre qu’elles.

A mon humble avis, il est déjà assez complexe d’essayer de comprendre comment une oeuvre arrive à entrer en résonance avec l’auditeur, à interagir avec son expérience propre. Faire interagir le créateur, l’oeuvre et l’auditeur / spectateur par l’intermédiaire de l’interprète, c’est trop complexe pour mon petit cerveau. Savoir que le compositeur avait bu deux vodkas, que l’auteur s’entraînait pour le triathlon et que l’interprète porte des patchs anti-tabac, je doute que ça me permette de mieux appréhender une chanson pour être honnête.

Pour moi un interprète doit pouvoir s’approprier l’oeuvre et ne pas se limiter à essayer d’analyser et de deviner les intentions hypothétiques du compositeur. Quant à l’auditeur, le mieux qu’il ait à faire c’est de se laisser porter par l’interprète sans intellectualiser au risque de passer à côté de l’oeuvre et de l’interprétation.

Dans notre vie professionnelle on demande (il me semble) à être jugé sur nos actes, sur nos performances et pas sur notre personnalité. Faisons de même avec nos artistes et laissons-les garder privé ce qui doit l’être.

Je ne suis pas du tout partisan du voyeurisme actuel, des bonus à n’en plus finir sur les dvd et Blu-ray. Les dvd et Blu-ray bonus je les jette en vrac dans une casette prévue à cet effet et ne les regarde presque jamais. Les seuls trouvant grâce à mes yeux sont ceux qui restent purement sur le côté artistique comme ceux accompagnant mes films d’Alfred Hitchcock et ceux avec Claude Chabrol.

Bonne soirée,
DJ Xav

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Message non lu 18 déc. 2017, 01:14

Bonsoir,
"Quant à l’auditeur, le mieux qu’il ait à faire c’est de se laisser porter par l’interprète sans intellectualiser au risque de passer à côté de l’œuvre et de l’interprétation."
Là nous sommes en désaccord. Vous devriez vous renseigner sur la façon de travailler ce certains interprètes et chefs d'orchestre.
Une œuvre uniquement hors sol, coupée de son histoire de son auteur, de son contexte personnel et historique ??? C'est une conception que je peux partager, désolé. Si la musique doit présenter pour durer un caractère intransitif, cela ne peut suffire. Eprouver, certes, est important, mais comprendre l'est également.
(je parle de la musique car nous sommes sur un forum musical).
Il peut être utile par exemple de lire si ce n'est encore fait, le livre d'Harnoncourt, "le nouveau discours musical".

Par contre je vous rejoints tout à fait sur la dérive liée au voyeurisme actuel. Ce n'est bien sûr pas ce dont je parlais. Comprendre objectivement un contexte, ce n'est absolument pas jouer au voyeur.
Tiens, pour ceux que cela intéresse, quelques éléments de réflexion assez larges :
https://www.cairn.info/revue-raisons-po ... age-77.htm
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Message non lu 23 déc. 2017, 16:18

THE FLORIDA PROJECT de Sean BAKER.
Image

Le cinéma U.S. indépendant nous réserve souvent de belles surprises, et THE FLORIDA PROJECT ne déroge pas à la règle.
Sean Baker, son jeune réalisateur, est plutôt un adepte de la liberté, au sens bien sûr de la mise en scène, du filmage. On sent les influence d'un cinéma en prise direct avec la vie (Loach, les frères Dardenne) pour son TAKE OUT, aidé en cela par une camera qui ne lâche jamais ses protagonistes comme chez Cassavetes (STARLET, TANGERINE).
Avec The Florida Project, Baker nous narre les aventures de la petite Moonee (incroyable Brooklynn Prince !) et de ses copains et copines durant leurs longues journées d’errance et de vagabondage estivale tout autour du motel mauve qui leur sert de demeure, motel qui est au passage est le point de chute de pas mal d'exclus du rêve américain.
Car, on peut le dire, ce qui travaille entre autre le cinéma de Sean Baker, se sont les gens à la marge de l'american way of life. Ceux qui, englués sur les bas cotés crottés et dégueulasses du walk of fame floridien, regarde passer les golfeurs et autres chanceux du système 100% ricain en mode "marche ou crève".
Le film débute au son des Kool Of The Gang et de leur Celebration - Celebrate good times, come on!
(Let's celebrate) manifeste narratif - et décrit subtilement un monde à l'image du billet de un dollar si chèrement gagné par la mère de Moonee. Soit un univers à deux faces, voir deux vitesses. Opulence contre pauvreté, dureté de la vie adoucie à grands coups d'aplats aux couleurs acidulées, monotonie des motels versus extravagances des shops commerciaux tout droit sortis d'un gigantesque parc d'attraction à ciel ouvert. On y lit même sur une façade "Take some home", accroche publicitaire pour les oranges (fierté de l'état) comme un étrange message subliminale plein d'ironie.
Le métrage, des l'instant ou les deux mondes - enfants et adultes - se télescopent, s'apparente carrément à un conte. N'oublions pas que nous sommes en Floride, à Orlando plus précisément, et qu'ici plus que tout au monde plane l'immense ombre de tonton Walt, pilleur de fables, et de son univers fantasmagorique.
Alors malgré la dureté de la vie, les coups durs, la misère ambiante et les engueulades, quand les mômes souriants et innocents tous droit sorti d'un roman de Mark Twain se mettent à avoir peur et en chialent, que les ogres de l'Etat rodent pour mieux séparer la mère de sa progéniture, quoi de mieux que de fuir à en perdre haleine pour se réfugier au cœur de l'enfance même, en plein centre de Disneyland, au pied du château de tous les rêves, celui de LA BELLE AUX BOIS DORMANT.

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Message non lu 24 déc. 2017, 16:45

A GHOST STORY de David LOWERY.
Image

Partir, c'est mourir un peu,
C'est mourir à ce qu'on aime :
On laisse un peu de soi-même
En toute heure et dans tout lieu. *

Voilà un splendide résumé du miraculeux A GHOST STORY réalisé par David Lowery, tout jeune metteur en scène avec à son actif à peine trois films, dont AIN'T THEM BODIES SAINTS et PETE'S DRAGON, il fait preuve d'une belle aisance et d'un savoir faire vraiment étonnant.
C & M (Casey Affleck & Rooney Mara impeccables) s'aiment, occupent une maison qu'elle veut quitter, pas lui. Il décède brusquement dans un accident de la route mais son fantôme retourne at home...
Pour nous narrer son incroyable histoire de spectre hantant sa compagne, puis son ancien lieu d'habitation, pour finir avec l'espace et le temps, il n’hésite pas tout d'abord à choisir un format sans age. Son métrage entre tout entier dans le cadre d'une diapositive, surprenante fenêtre visuelle qui embrassera aussi bien le calme du présent, les néons du future comme les vastes prairies du 19ème siècle.
Autre surprise, la durée de ses plans. A l'instar d'un Robert Eggers avec THE VVITCH qui prônait un certain ascétisme doublé d'une précision diabolique concernant la longueur de ses séquences, Lowery n’hésite pas s'éterniser sur un simple câlin réconciliateur ou un gavage à la tarte salvateur.
Et le terme "s’éterniser" prend ici tout son sens, car à travers les attentes de son fantôme, ses déambulations comme ses dialogues (si si, avec celui des voisins !), le réalisateur raconte bien plus que le manque, l'absence, le vide ou le deuil.
En le faisant traverser les siècles en tous sens, grâce notamment à de merveilleuses ellipses, il touche du doigt l'univers (qui a dit universel ?) et creuse le sillon du temps et de l'éternité. L'immense Terrence Malick habite clairement le métrage (ce calme olympien, ces reflets lumineux comme des signes de l'au-delà), et c'est indubitablement dans un certain panthéisme/animisme que l'on trouve la filiation la plus évidente.
Réussir à donner du corps, de l'esprit aux choses, à rendre aussi vivant et capital ce piano dans le salon, ou cette vieille maison rurale, le tout avec si peu de moyen et un sens de l'économie frôlant la grâce absolue que ça en devient au final totalement bouleversant.
Ne dit-on pas que l'Histoire est un éternel recommencement ?
Partie c'est mourir un peu... et la boucle est boulée.

* Première strophe du Rondel de l'Adieu - Edmond Haraucourt 1890.

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P.S.: Bonnes fêtes de fin d'années à toutes et tous... :alcool:
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Message non lu 14 janv. 2018, 17:00

VERS LA LUMIERE de Naomie KAWASE.
Image

Elle est audio-descriptrice pour long métrage, il est photographe perdant peu à peu la vue. Elle a perdu son père trop tôt, lui sa femme l'a quitté pour se remarier ces jours ci. Ces deux là c'est sûr vont finir par se trouver...
On le sait depuis ses débuts, le cinéma de Naomie Kawase est hanté par l'abandon (celui de ses propres parents), l'absence, le vide, elle sera finalement élevée par sa grand mère à qui elle consacrera le splendide documentaire NAISSANCE ET MATERNITÉ.
La disparition (SHARA), la dégénérescence (LA FORET DE MOGARI), la maladie (STILL THE WATER) ou bien la transmission (LES DÉLICES DE TOKYO) sont des thèmes récurrents et interchangeables dans l'œuvre de la réalisatrice japonaise, aboutissant souvent à des films d'une délicatesse et d'une justesse quasi miraculeuse.
Mais avec VERS LA LUMIÈRE, quelque chose ne fonctionne pas, peut être la faute à trop de signifiants dessinant inéluctablement une trame cousue de fils blanc. Elle est seule et inconsolable du vide masculin laissé par le père. Il est seul et un peu handicapé d’être célibataire et aveugle en devenir. Elle cherche la lumière alors qu'il plonge dans le noir, couchés de soleil, arc en ciel de prisme sur les murs, etc, etc...
Le pire ici, ce sont ces plans qui collent littéralement à la peau des deux acteurs, on ne manque rien de leurs rides ni de leurs larmes, sauf qu'on loupe tout le reste. Ça manque cruellement d'air, de respiration, d'espace, de méditation. On perd la finesse narrative et la précision des sentiments, cette sensibilité qui habitait ses métrages précédents (voir l'étonnante approximation du cadrage lors de la première visite chez la mère atteinte d’Alzheimer).
On a définitivement plus l’impression d'assister au mariage d'une carpe et d'un lapin plutôt qu'aux prémices d'une simple et belle histoire d'amour.
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mélaudiophile
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Message non lu 14 janv. 2018, 17:22

iPodza écrit :
24 déc. 2017, 16:45
A GHOST STORY de David LOWERY.

Voilà un splendide résumé du miraculeux A GHOST STORY réalisé par David Lowery, tout jeune metteur en scène avec à son actif à peine trois films, dont AIN'T THEM BODIES SAINTS et PETE'S DRAGON, il fait preuve d'une belle aisance et d'un savoir faire vraiment étonnant.
C & M (Casey Affleck & Rooney Mara impeccables) s'aiment, occupent une maison qu'elle veut quitter, pas lui. Il décède brusquement dans un accident de la route mais son fantôme retourne at home...
Salut ipodz,
ceci me fait penser à un film sur la même idée, de 1947, l'Aventure de Mme Muir:
Mme Muir.jpg
En Angleterre, au début du XXe siècle, Lucy Muir, une ravissante et jeune veuve, décide de s'installer au bord de la mer avec sa fille et sa servante dans un cottage réputé hanté par le fantôme du capitaine Gregg. Loin d'être terrorisée, elle est au contraire fascinée à l'idée d'habiter avec ce fantôme. Un soir, il lui apparaît...
Un film magnifique, qui marque à jamais (pas d'horreur évidemment, sympa et humain).

jean
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Message non lu 14 janv. 2018, 19:22

mélaudiophilea écrit :
14 janv. 2018, 17:22
iPodza écrit :
24 déc. 2017, 16:45
A GHOST STORY de David LOWERY.

Voilà un splendide résumé du miraculeux A GHOST STORY réalisé par David Lowery, tout jeune metteur en scène avec à son actif à peine trois films, dont AIN'T THEM BODIES SAINTS et PETE'S DRAGON, il fait preuve d'une belle aisance et d'un savoir faire vraiment étonnant.
C & M (Casey Affleck & Rooney Mara impeccables) s'aiment, occupent une maison qu'elle veut quitter, pas lui. Il décède brusquement dans un accident de la route mais son fantôme retourne at home...
Salut ipodz,
ceci me fait penser à un film sur la même idée, de 1947, l'Aventure de Mme Muir:
Mme Muir.jpg
En Angleterre, au début du XXe siècle, Lucy Muir, une ravissante et jeune veuve, décide de s'installer au bord de la mer avec sa fille et sa servante dans un cottage réputé hanté par le fantôme du capitaine Gregg. Loin d'être terrorisée, elle est au contraire fascinée à l'idée d'habiter avec ce fantôme. Un soir, il lui apparaît...
Un film magnifique, qui marque à jamais (pas d'horreur évidemment, sympa et humain).

jean
Un chef d'œuvre du genre avec la splendide Gene Tierney... mais A Ghost Story n'a pas du tout le même traitement, ni la même approche...

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