Comment choisir un amplificateur

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Xavier - E&M
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Comment choisir un amplificateur

Message non lupar Xavier - E&M » 08 Jan 2013, 18:21

(Article précédemment publié dans un forum audiophile)

... Malheureusement, on ne peut pas "prédire" la capacité d'un ampli à driver des enceintes (et vice et versa) à partir de ses simples caractéristiques papier.
Ce n'est pas aussi simple que ça, pour plusieurs raisons.
-notamment parce que les caractéristiques généralement transmises (par standardisation, par habitude, par mode d'intérêt sur certaines caractéristiques) sont loin de dire tous les comportements et caractéristiques. Bien des courbes complémentaires et chiffres supplémentaires seraient nécessaires pour caractériser un appareil, et de même pour les appareils associés (enceintes ici).
Au final, les combinaisons possibles entre les différentes caractéristiques sont en nombre infini.
Comment faire donc?
Les caractéristiques peuvent servir à éliminer des appareils qui seraient manifestement impropres à une association avec tel ou tel autre appareil (et encore: quelquefois, l'expérience dément ces contre-indications), mais globalement, sont largement insuffisantes à dire à l'avance la qualité du mariage. L'expérience, (qui n'est que de la somme des expérimentations passées) et l'expérimentation (la vérification par mise en oeuvre) sont les seuls moyens viables d'appréciation et d'évaluation.

Donc, pour répondre à la question, un ampli de 100 W mini en transistors est nécessaire, pour les enceintes envisagées, mais pas nécessairement suffisant,
30 W en amplis à tubes, en classe A c'est encore mieux, mais il peut y avoir des amplis à tube moins puissants qui peuvent donner d'excellents résultats.
Et les caractéristiques papier ne disent rien de la bande passante des amplis: malgré les chiffres, certains semblent limités tant en graves qu'en hauts aigus (et du coup n'utilisent que très peu le tweeter à ruban), ni de la rapidité des sons, leur lisibilité (que les registres d'une formation ne forment pas de bouillie), le dynamique, l'aération,...

Bref, on en revient à l'évident: l'écoute, les écoutes plutôt, tant la multiplication des expériences donne une idée plus précise des différents rendus possibles.
Il n'est pas indispensable que les écoutes soient comparatives, parce que c'est l'impression générale qui parfois dit plus que la recherche de détails; L'attention portée aux détails, à la recherche de différences peut mettre en avant des choses pas forcément bien sur la durée (mise en avant de certains critères, enceintes qui en font trop, ou système mal équilibré, mais qui se démarquent des autres systèmes, faisant passer ces autres systèmes parfois pour fades alors qu'ils ne sont que plus justes, moins "fardés", maquillés).
C'est affaire de sensibilité, et surtout de repères, de références avec l'expérience préalable des instruments et voix acoustiques, vécus en direct (concerts, présentations "live", ...). C'est à mon sens la voie la plus efficace, la plus sûre, et la plus exempte des préjugés, préjugés qui peuvent mener à des choix pas nécessairement judicieux, ou à tout le moins pas optimums.
Savoir et connaître le résultat que l'on recherche (en l'ayant éprouvé lors d'écoutes naturelles de musique vivante), puis chercher les appareils et associations qui s'en rapprochent le plus.
Là, les caractéristiques papier perdent leur pouvoir dictatorial, qui aurait poussé à la chasse aux watts, à telle ou telle technologie, à telle caractéristique.
Pour se rapprocher du but, il faut s'occuper et viser le but, pas les moyens. Prendre les moyens comme interchangeables, et ne les retenir pas pour leurs valeurs intrinsèques (telle ou telle caractéristique admirable), mais pour leur capacité à favoriser le but visé, la qualité du rendu musical.
Quoi de plus efficace que la musique acoustique vivante, pour évaluer ensuite la qualité du matériel Hifi et le réalisme de la retranscription proposée ?


Par exemple, pour des JMR Offrande Suprême (pour répondre à la question), il faut leur trouver une amplification qui leur permettent d'exprimer le maximum de leur savoir-faire musical.
Donc, notamment, et dans le désordre:
-une grande bande passante (les caractéristiques papier des amplis ne disent rien de concret sur ce point, les chiffres donnés ne sont pas correlés avec les impressions d'écoute. A caractéristiques de bande passante identiques sur le papier, certains amplis seront à coup sur écourtés, dans le bas ou le haut (transparence et détails), et d'autres non),
-de la transparence (finesse des hauts aigus, rapidité des sons), de la lisibilité, pas de rondeur, ni de mollesse,
-un phasage impeccable et une identité de réponse des canaux (pour une scène sonore précise, stable, et étendue en largeur et profondeur),
-une capacité d'alimentation capable de délivrer de beaux courants en un temps très faible (pour les montées dynamiques, les impacts),
-un équilibre général: pas de mise en avant du médium, ou du haut grave, pas d'agressivité ou de rudesse ou de chatouille dans les haut aigus,
-une vraie richesse de matière, de la densité (ce qui manque à mon sens aux Yam de la série 1000 et ses frères, mais on ne peut pas non plus tout demander à des appareils de cette gamme de prix, qui en donnent déjà beaucoup), mais sans perdre la transparence (c'est facile d'être dense en étant mou et lent, ca l'est moins en restant transparent et rapide),
-...

...


-tu confirmes donc que ma liste de caractéristiques est bien la bonne

-le but, toujours le but.

Mine de rien, le nombre de systèmes où l'on s'est attaché à des caractéristiques plus qu'aux écoutes est assez important, avec les défauts constatés et demandes d'aides racontés sur les divers forums; ou des découvertes à postériori qu'il était possible d'aller plus loin. Un appareil mal associé, même acquis à prix très intéressant, est toujours trop cher s'il n'est pas adapté et doit être remplacé. Et à contrario, il existe des appareils accessibles qui permettent de faire fonctionner par exemple de belles enceintes, sans avoir nécessairement toutes leurs qualités, mais en en ayant une majeure partie, et des possibilités ultérieures d'optimisation sans devoir changer tout le système.

Selon les enceintes choisies, l'ampli ne sera pas forcément le même. Ni selon la personne à qui le système est destiné d'ailleurs.

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gary91
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Re: Comment choisir un amplificateur

Message non lupar gary91 » 08 Jan 2013, 19:05

Bonjour à tous,

Je profite de ce fil pour me jeter à l'eau sur le forum... veuillez donc excuser par avance mes remarques de débutant...
Merci Xavier pour cette publication juste à propos après notre discussion de ce matin, je serais en effet très intéressé par des écoutes d'électroniques susceptibles de se marier avec mes Orfeo mk2.

Mes Orfeo sont aujourd'hui "accouplées" (quelle formule !) avec mon ensemble Meridian formé d'un pré G01 et d'un ampli G57.
Cet ensemble me donne aujourd'hui beaucoup de satisfactions mais je lui reprocherait quand même un certain manque de "matière" dans les graves.
Alors, à votre avis, que puis-je envisager comme association ??? Je ne connais pas Audiomat dont il semblerait que l'association avec des JMR soit optimum, mais certains d'entre vous ont aussi peut-être d'autres options à me proposer ???

Je suis tout à votre écoute, merci d'avance 8-)
Sources: MacMini+Weiss INT202+3DLab Millenium et Thorens TD160MkII+SME+Ortofon 2M Bronze Amplification: Meridian G01 et G57 Enceintes: JMR Orfeo mkII

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Xavier - E&M
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Re: Comment choisir un amplificateur

Message non lupar Xavier - E&M » 08 Jan 2013, 21:35

(Article précédemment publié sur un forum Audiophile)

Bonjour

Etablir une liste d'appareils préférentiels et une "liste noire" à coupler à des JMR (ou autres enceintes) n'a rien d'évident.
Si par exemple de dis que je n'ai jamais eu d'écoutes satisfaisantes avec Rotel et Denon sur ces enceintes, il se trouvera toujours quelqu'un qui lui aura eu une expérience marquante de grande réussite avec ces électroniques, avec raison.
Le problème est que c'est une équation à variables multiples: les associations (tel ampli avec telles enceintes donnera différemment selon la source), les attentes de l'auditeur (son attention portée sur telle partie de spectre, tel type de musique (et d'enregistrement: comportement des systèmes face à la compression ou non de la dynamique sur les enregistrements), sur tel ou tel critère (spatialisation et scène sonore, lisibilité, ...) ), et la qualité de la mise en oeuvre (salle d'écoute, préchauffage/rodage des éléments, positionnement, connectique,...), ...
L'idée de s'appuyer sur les systèmes existants ou sur les démos vécues est déjà un élément, à pondérer là encore avec la manière dont la personne qui témoigne vit l'utilisation de ces appareils (volume d'écoute, type de musiques, attentes sur tel ou tel critère, ...).

Il reste que les enceintes JMR sont données pour être assez homogènes (prises individuellement), équilibrées, s'essayant notamment à la neutralité et à la richesse de timbres (notamment pour les instruments acoustiques et voix), elles sont assez faciles à alimenter et à placer, elles sont assez rigoureuses sur le phasage (surtout les plus récents modèles qui travaillent très loin l'identité de modèles d'une même paire), et cherchent aussi à se faire oublier (aspect qui, d'après les réactions que je vois, est assez réussi):
Elles "demandent" des électroniques et mises en oeuvre de même, dont celles capables de retranscrire avec équilibre, richesse et homogénéité le message sonore et musical.
Pas trop d'effets ou de "chirurgicalité" trop froide, pas trop de platitude, pas d'effets systématique (chaleur, rondeur, ...).
Après, c'est à chacun de vérifier, en fonction de ses attentes et de ses niveaux d'exigences. Le bon est très facile à obtenir, le très bon nécessite de fouiller un peu les électroniques associées (mais le parcours est déjà balisé par les divers témoignages auxquels Internet donne accès, et par les propositions des revendeurs), l'excellent est très fortement dépendant des attentes personnelles, et nécessite du coup un parcours personnel lui aussi de recherche approfondie.


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