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Message non lu 03 févr. 2018, 14:56

Ce matin...

WONDER WHEEL de Woody ALLEN.
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Woody ne serait pas sous les feux de l'actualité via les accusations de sa fille adoptive, on pourrait voir son dernier métrage WONDER WHEEL comme une toute petite tragédie grecque sans flamboyance, à peine magnifiée par la photo de Storaro (1900, APOCALYPSE NOW, DICK TRACY), et porté par des acteurs plutôt en forme.
Mais les news sont intransigeantes, et vu qu'elles durent depuis quelques années, il est quand même difficile de ne pas voir dans son dernier film, le portrait à charge d'une pauvre femme adultère par deux fois, actrice ratée de surcroît, jalouse maladive à tendance paranoïaque pour couronner le tout.
C'est définitivement plat, éculé, inintéressant mais surtout, Allen n'est même pas drôle ne serait ce qu'une seule fois... un comble pour qui apprécie sa filmographie !
Mia Farrow a du apprécier le message....

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Message non lu 07 févr. 2018, 18:43

CRO MAN de Nick PARK.
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L'age de pierre et ses dinosaures reste pour vous un concept un peu... lointain, et le foot une sorte de terra incognita, alors CRO MAN est fait pour vous !!!
Dernier bijou en stop-motion du studio Aardman, CRO MAN nous narre l'histoire de la confrontation de l'age de pierre contre l'age de bronze. Ou comment une tribu de zigouilleurs de lapins un poil branque va, contre toute attente, réussir à regagner sa fertile verte vallée en remportant LE match de foot qui l'opposera au champion en titre, et devenir par la même occasion le CRO MANchester United.
Alors clairement, c'est moins volubile et vertigineux que PIRATES et moins poétique que SHAWN, mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver cet esprit so british qui égratigne toujours avec esprit le monde du football et l'idée que l'on se fait de la préhistoire.
Quel plaisir de voir comment Nick Park moque le fric pourrissant le sport, les joueurs plus concernés par leurs apparences et leurs ego que par le jeu, l'utilisation hilarante de la vidéo pour les replay et j'en oublie...
Étonnant de constater comment Tolkien, et accessoirement la trilogie de Peter Jackson, à influencé notre vision des ages anciens. Dès l'apparition de la tribu du bronze, c'est l'industrialisation, le métal, les oliphants qui atomisent le naturalisme pastoral de la tribu de la pierre. C'est Isengard bouffé par les orcs, la contrée cernée par Sauron.
Heureusement, l'avenir des hommes des cavernes est entre les pieds d'une femme, qui les initiera au rudiment du ballon rond. Surtout ne loupez pas l'ouverture du film, irrésistible relecture de la fin des dinosaures couplée à la naissance du foot, sans parler de l'impayable messagerie vocale sur le réseau pigeonniers.
Quand Aardman, à la fin de son générique, nomme respectivement ses deux dinos de la scène d'ouverture Ray et Harry (hommage au père du stop-motion Ray Harryhausen), on se dit que certains enfants ont peut être mauvais esprit (pour le plus grand bonheur de nos zygomatiques) mais garderons éternellement bon cœur.

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Message non lu 10 févr. 2018, 16:44

OH LUCY ! d'Atsuko HIRAYANAGI.
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A Tokyo, Setsuko - petite salariwoman célibataire et solitaire - rend service à sa nièce en la remplaçant à ses cours d'anglais un peu particuliers. C'est là qu'elle croise la route de John le professeur, qui grâce aux multiples hugs de salutation, va débloquer quelque chose chez Setsuko...
Premier long métrage d'Atusko Hirayanagi, OH LUCY ! - qui est un court métrage à la base - dépeint à la fois une ultra moderne solitude ainsi qu'un choc des cultures trans pacifique.
La capitale japonaise et la société nippone y sont montrés comme un piège mortel. Une routine lancinante - métro boulot dodo - une hypocrisie rampante, des codes qui étouffent l'humanisme jusqu'à le pousser sur les rails. C'est étonnant de constater à quel point la mort est omniprésente dans cette comédie douce amer. La grande faucheuse est quasiment de tout les plans, rodant sur les quais, au bord des falaises ou dans les boites de médicaments.
C'est par le contact et l'attention d'un prof américain un poil improvisé que viendra la libération. L'appel du free country, du soleil et de l'amour (à sens unique) fera faire à Setsuko le grand saut pour la Californie, terre de contraste.
Erreurs, illusion, il faut bien se tromper de temps en temps -
7 fois par terre, 8 fois debout - pour pouvoir apprendre et avancer et surtout se rendre compte qu'il ne sert à rien de traverser le monde pour chercher ce que l'on a chez soi, juste sous son nez.
Servi par deux acteurs au meilleur de leur forme (Shinobu Terajima & Josh Hartnett), OH LUCY ! rappelle que les soucis du quotidien ne sont pas unilatéraux mais que malgré le froid de Tokyo, ce n'est pas le soleil de la coté ouest américaine dont à besoin Setsuko, mais bien de chaleur humaine.

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Message non lu 11 févr. 2018, 15:13

THE 15:17 TO PARIS de Clint EASTWOOD.
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En prenant un peu de recul sur la filmographie de Clint Eastwood, on se rend vite compte que ses films - je parle des siens, en tant que réalisateur - oscillent entre la peinture d'une sorte de gloriole U.S. vantant les valeurs du bel impérialisme américain (FIREFOX, SPACE COWBOY, le diptyque IWO JIMA, GRAN TORINO) et un certain amour pour les laissés pour compte, les perdants magnifiques (JOSEY WALES, HONKYTONK MAN, BRONCO BILLY).
Avec THE 15:17 TO PARIS, que l'on peut voir comme le troisième chapitre de sa période sur les héros ordinaires états-uniens, on voit bien de quel coté penche ses métrages en ce moment. Sauf que cette fois ci, rien ne vient perturber la lecture du parcours sans faute d'un petit blanc bec élevé au maïs transgénique et aux sodas, chrétien de base et sûr de son fait.
Dans AMERICAN SNIPER, ce même schéma était contrecarré in extremis par une fin de parcours des plus saugrenu, être abattu par un des siens, sur sa propre terre, alors que vous avez risqué votre peau en Irak, de quoi vous ternir une belle médaille.
Avec SULLY, c'est tout simplement David/Sully - petit pilote héroïque - contre Goliath, soit la grosse administration ricaine qui essai de lui faire porter le chapeau pour les frais engendrés. La vérité et la justice triompheront, un peu comme chez Capra.
A bord du Thalys, rien de tout cela. On a juste droit à une grande et longue ligne droite - sans aucune surprise - déroulant imperturbablement la virilité et l'obsession d’un être qui se sent guidé vers un événement marquant à venir. Notre fil rouge - Spencer Stone en l’occurrence - est du coup un hybride cocasse entre Chris "AMERICAN SNIPER" Kyle et Bernadette Soubirous, persuadé qu'il est d’être fait pour de grandes choses. C'est tout juste s'il n'entend pas des voix. Pour ma part j’étais à deux doigt d'entendre la chanson d'Henri Garat "avoir un bon copain", tant le film insiste sur l'amitié indéfectible des trois "libérateurs" que rien ne peux dissoudre. Soldats de tous les pays, unissez vous...
Bref, c'est dispensable, manichéen au possible et inutile, surtout lorsque vous savez que la réussite de Stone tiens juste à un cul bordé de nouilles au final, bénéficiant de l'enrayement de l'arme du terroriste.
Au cinéma, il y avait John McClane - flic de son état et héros malgré lui - toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Maintenant on a Spencer Jones, l'homme qui a toujours voulu être au bon endroit, au bon moment.
Un épisode de L'HOMME QUI TOMBE A PIC en fait.

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Message non lu 18 févr. 2018, 17:19

BLACK PANTHER de Ryan COOGLER.
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Que dire sur ce BLACK PANTHER sinon que c'est surement le Marvel le plus attendu du MCU.
Premier personnage noir aux capacités hors du commun, casting à 98% black qui a de quoi rendre fier le continent Africain tout entier.
Mais en fait, tout n'est pas si simple et angélique...
Premier écart, en 2h14 de film, on a droit niveau action - on est chez les super héros quand même ! - à deux pauvres courses poursuites (une automobile, l'autre volante) et trois bagarres. Je ne m'étendrais pas sur les rides (assez navrants) mais concernant les fights sans inventivité ni folie, seule les dix premières minutes de CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR étaient, comment dire... mille fois plus percutante, dynamique et enlevée que ces succédanées de rixes de cours d'écoles, maladroites et surtout très mal filmées.
Deuxième soucis, la vision de l'Afrique. Pas un plan réel sur ce continent pourtant riche en paysages à couper le souffle, aux étendues impressionnantes et à la richesse insoupçonnée. En contre partie, on a droit à une bouillie indigeste sur fond vert qui ferait passer LE ROI LION pour un documentaire de National Geographic !
Troisième épine dans la sandale (humour en berne), le discours politique... soit vous êtes Wakandien et vous voulez œuvrer dans l'ombre tout en gardant vos richesse pour vous (pas très philanthrope), soit vous êtes un gosse du ghetto qui veut, grâce à la richesse et la puissance du Wakanda, régner sur le monde et faire payer aux colons blancs 400 ans d'entrave par les chaines (sic). La seule réplique bonnarde et percutante du film se trouve dans la scène du musée Londonien avec l’acquisition par 'renvoi d'ascenseur' d'une hache Wakandienne en vibranium... savoureux.
Je ne m'étendrais même pas sur le fait qu'une des cinq tribus formant le Wakanda à pour cri de guerre des cris de singes (c'est les supporters de la Roma qui vont être content !), gros malaise dans la salle... je n'ose imaginer le scandale si le réalisateur avait été blanc...
Bref, à part Andy Serkis qui campe avec jubilation un bad guy qui a de la gueule et Danai Gurira qui dégage une vraie puissance féline en chef des forces de sécurité autour de T'Challa, voilà bien une 'origin story' plus que fade, tres mollassone, avec tous les clichés possibles que l'on ne souhaitait surtout pas voir, et qui au final ne rendra jamais ses lettres de noblesses au vrai mouvement des BLACK PANTHER.

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laurent M
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Message non lu 19 févr. 2018, 19:07

ouille ! ton retour sur le dernier Eastwood et le dernier marvel confirme mes craintes, je vais surement passer mon tour et attendre une sortie vidéo.
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Message non lu 21 févr. 2018, 20:03

laurent M a écrit :
19 févr. 2018, 19:07
ouille ! ton retour sur le dernier Eastwood et le dernier marvel confirme mes craintes, je vais surement passer mon tour et attendre une sortie vidéo.
Heureusement le dernier Del Toro va nous venger de toute cette médiocrité !!! :mrgreen:
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Message non lu 10 mars 2018, 17:01

A DISASTER ARTIST de James FRANCO.
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C'est en découvrant l'autre jour le magnifique MARGUERITE du non moins excellent Xavier Gianoli - film sur la fausse "castafiore" Marguerite Dumont inspirée par la vraie casserole Florence Foster Jenkins - que je me suis rendu compte que Tommy Wiseau (auteur de l'ofni THE ROOM), à l'origine du A DISASTER ARTIST de James Franco, était fait du même bois que la baronne Dumont.
Même incapacité à s'entendre qu'à se voir. Même propension à l’excès, à l'outrance, à l'aveuglement voir l'obstination. Il est fou de constater à quel point ces deux êtres sont seuls (ou abandonnés), elle dans sa tour d'ivoire, lui dans son "jeu" hors norme.
On a déjà eu droit au cinéma à un splendide portrait de looser magnifique avec le ED WOOD de Burton, véritable déclaration d'amour au 7eme art. On a tous plus ou moins entendu parler de vilains petits canards cinématographique tel qu'Uwe Boll. Mais avec son dernier film, Franco nous narre le parcours éclair (et obscure) d'un freak mégalo-maniac à l'accent à couper au couteau et qui ne serait jamais réellement redescendu d'un trip d'acide adolescent.
Jamais condescendant ou moqueur - suffit de voir les deux minutes de comparo A/B à la fin du film pour s'en rendre compte - James Franco réussi l'exploit de rendre un naufrage annoncé captivant, hilarant c'est sûr, envoûtant parfois.
Il y a matière à rire, c'est certain, et pas qu'un peu mais le plus sidérant c'est cette pure obstination chez ces deux individus, cette certitude indéfectible d’être dans leurs bon droit, de devoir aller jusqu'au bout, coûte que coûte et ce malgré le temps qui les sépares.
Autant les années folles pour MARGUERITE lui facilité en quelque sorte la tache, crécelle au milieu d'un maelstrom artistique naissant (dadaïsme, cubisme, surréalisme), autant la fin des 90's pour Tommy Wiseau s’avère beaucoup moins accueillante, ayant tout vu, connu et entendu.
Malheureusement la fin de parcours et sa prise de conscience finale de LA vérité seront diamétralement opposées suivant les protagonistes. Ben non en fait, nous ne sommes pas tous fait dans le même bois et c'est très bien comme ça.

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Message non lu 10 mars 2018, 22:47

PHANTOM THREAD de Paul Thomas ANDERSON.
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Ce fil fantôme (PHANTOM THREAD en V.O.) ou plutôt ce lien invisible qui unit Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis très classieux) à Alma Elson (Vicky Krieps diaphane) est celui qui lie le maître à l'esclave, rapport ambiguë déjà bien présent dans l'œuvre de Paul Thomas Anderson (THERE WILL BE BLOOD, THE MASTER).
Reynolds est un couturier de renom - nous sommes dans les années 50 - et à cette époque point de prêt-à-porter, exclusivement du sur mesure à destination des grands de ce monde. Sur la route de sa retraite campagnarde pour le weekend, au détour d'une auberge il rencontre Alma, serveuse de son état, et en fera avec sa propre bénédiction sa prochaine muse...
On dit de la mode qu'elle va par cycle, ainsi vont les conquêtes du créateurs (et ne dit-on pas ça de l'Amour en général ?). Le film débute sur le départ de la précédente compagne de Mr Woodcock, résumant à elle seule la routine d'un travail qui peut paraître créatif au premier abord mais qui a des dessous éminemment répétitif. Quand cette lourdeur est de plus appuyée par toutes les petites manies, tics, cérémonies du démiurge - secondé par une sœur hiératique (impressionnante Lesley Manville), on comprend alors qu'il est imperatif de changer d'air.
Ainsi débute l’ère Alma, reconnaissante énamourée de toute cette beauté créée pour elle, rapport de fan à artiste. Mais quand tous les falbalas, protocoles et secrets commencerons à émousser l’idyllique liaison, Alma ne suivra pas le même chemin que sa prédécesseur, elle ne baissera pas les bras devant la stature du commandeur. Elle va tout simplement se dresser contre, tranquillement, et prendre les commandes d'une liaison qui épousera des contours plus que surprenants.
L'inversion des rapports amoureux, surtout quand ils deviennent ceux du malade et du soignant, flirte finalement avec le sadomasochisme et la folie (encore des thèmes Andersonien). Mais quand c'est vu avec l'œil de PTA, cela devient du grand art. La mise en scène est d'une élégance rare, la direction d'acteur à l'avenant et la photo sublime les créations de la maison Woodcock sans exception.
Au final, si l'on rajoute le fil qui rattache la sœurette diplomate mais autoritaire à ce frère au pied d'argile, le spectre d'une mère décédée et mentor omniprésente hantant inlassablement cette famille, la Maison de couture dépendante des régnants de ce monde, ce n'est plus un mais une multitude de chaines - véritable de toile d'araignée - qui capture définitivement le spectateur innocent, fasciné par tant de grâce et de maestria.

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Message non lu 22 mars 2018, 16:31

LOVING VINCENT de Dorota KOBIELA & Hugh WELCHMAN.
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Comment, en 2017, filmer au plus près Vincent Van Gogh quand une pléthore de longs métrages (Minnelli, Pialat, Kurozawa), une ribambelle de chansons (Ferrat, Ferré, Richman), un paquet de bandes dessinées (Larcenet, Hozumi) ont déjà épuisé le sujet ???
La solution est d'une simplicité biblique pourtant doublée d'une richesse picturale inespérée, aidée en cela, il est vrai, par les progrès technologiques du numérique actuels. Suffit de choisir un nombre suffisant de toiles du maître et de les lier numériquement les unes aux autres afin de raconter une histoire...
Et c'est justement le miracle qu'accompli LOVING VINCENT de Dorota Kobiela & Hugh Welchman, soit nous conter post-mortem les derniers jours du génie via Armand Roulin - fils du facteur d'Arles - détenteur d'une dernière lettre à remettre absolument à Théo Van Gogh. Tout se complique quand Armand, une fois à Auvers sur Oise, apprend que Théo est également fraîchement décédé...
Narrativement, c'est à une véritable petite enquête que se livre ce fils de facteur, un thriller campagnard qui va chercher à démêler le vrai du faux, suicide ou assassinat ? Folie ou mélancolie ? Présenté d’emblée comme un fou, sa triste disparition n'en sera que plus bouleversante à l’éclaircissement de l'affaire.
Graphiquement, c'est juste à pleurer de beauté et pour comprendre tout le génie pictural du battave, faut avoir vu - au moins une fois dans sa vie - une de ses toiles en vrai (j'ai cette chance), celles du musée d'Orsay par exemple, ne vous en privez pas s'il vous plait.
Ses tableaux si figés, si immobiles arrivent déjà, grâce à sa patte magique, à vous faire voir, à vous faire ressentir les éléments que sont la lumière (ces rayonnements de soleil et de lune, quelles étoiles !), le vent (ses enroulements de nuages), les infimes frémissements de l’âme humaine au travers de portraits pointillistes si vivants.
Et là, quand tout s'anime soudainement, c'est comme si on rentrait d'un seul coup d'un seul dans l'esprit de Vincent, on voit littéralement à travers ses yeux, tout ce que son cerveau lui a dicté pendant les dix petites années de sa carrière de peintre. Et le parcours de cette dernière missive devient carrément bouleversant, quand on sait qu'il y écrivait notamment: " Eh bien vraiment, nous ne pouvons faire parler que nos tableaux."
Tu sais Vincent, je crois que tes mots ne sont pas tombés dans l'oreille d'une sourde.

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Message non lu 25 mars 2018, 17:49

I AM NOT A WITCH de Rungano NYONI.
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En Afrique, sur un chemin caillouteux, une femme ramène chez elle un seau d'eau posé sur sa tête. Brusquement, elle chute laissant le précieux liquide s'échapper dans le champ voisin... en se redressant, elle aperçoit sur la piste à quelques mètres d'elle une petite fille de 8/10 ans la fixant du regard. Il n'en faut pas plus pour que la gamine soit accusée de sorcellerie...
Voilà comment débute I AM NOT A WITCH de l'étonnante Rungano Nyoni. Je dis étonnante car c'est son tout premier film et pourtant on a l'impression qu'elle en a fait dix avant celui ci, tellement la beauté formelle du métrage vous saute au visage.
En fait non, I AM NOT A WITCH ne démarre pas vraiment sur ce chemin pierreux, il commence avec ce petit bus de touristes venu visiter et photographier un village de sorcières. Un court préambule nous indique, avant la première image, que ces camps sont une réalité mais que le film lui, est une fable.
Une fable ou un conte à l'instar de Kirikou, qui est fort et vaillant (et accessoirement un homme, petit mais homme tout de même), notre petite witch elle est une femme, et le sort des femmes en Afrique n'est pas des plus enviable, surtout en milieu rural conditionné par toutes sortes de traditions et de superstitions.
Nyoni n’hésite pas à dénoncer, avec humour et une certaine dose d'absurdité, le patriarcat écrasant et exploiteur de la gente féminine. La pauvreté (pas pour tous) associée à l'absence d'éducation scolaire (qui fera une furtive apparition) conduit bien souvent à l'ignorance et à l’obscurantisme.
Mais la vraie force d'I AM NOT A WITCH se trouve bien au delà des plaies qui plombent le continent africain, elle se trouve dans son universalité élémentaire.
Toutes ces ensorceleuses une fois capturées, quelque soit leurs ages, sont attachées à un ruban qui est relié à une bobine, attachée elle même à un poteau. Ce procédé est sensé les empêcher de s'envoler et donc de perpétrer leurs méfaits. Avant cela, on leur laisse le choix entre couper le lien et devenir une chèvre ou ne rien faire et rester une pythie captive.
D'aucun auront substitué ces rubans avec les chaines des esclaves, entraves privant tout Homme de liberté. Et c'est bien de cela qu'il est question ici, cette liberté fondamentale que tout être humain devrait pouvoir se prévaloir, même au plus profond de la campagne zambienne.
L'espoir renaît, magie, le temps d'un ultime plan filmant tous les rubans sectionnés flottant au vent - quoi de plus libre que le zéphyr - alors que résonne hors champs le bêlement de quelques chèvres. Mais l'’espérance de vie d'une biquette est bien maigre tant que dans les parages rodera le lion. Sombre mais magnifique je vous disais...

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Message non lu 28 mars 2018, 21:10

READY PLAYER ONE de Steven SPIELBERG.
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Steven Spielberg est double. Quand il film un grand requin blanc mangeur d'hommes (et invente en passant le blockbuster) ou fait revivre des dinosaures sur une île paradisiaque, il est l’éternel gamin que nous souhaiterions tous rester. Lorsque qu'il prend à bras le corps des pans entiers de l'Histoire Américaine (Amistad, Lincoln ou Pantagon Papers), il est le citoyen les deux pieds bien sur terre défendant sa nation pluriculturelle et éprise de liberté.
Avec READY PLAYER ONE, on a clairement affaire au gosse Spielberg, celui qui a façonné avec son clan (Lucas, Coppola, De Palma) les années 80 à coups de bombes cinématographiques autant réalisées que produites (E.T., Indiana Jones, Gremlins, The Goonies, Back To The Futur).
RPO narre un monde en pleine dichotomie. Soit la terre en 2044, fatiguée, polluée, usée, où une population n'a plus comme échappatoire que de se réfugier au seins de l'Oasis, monde virtuel façon jeu de rôle massivement multijoueurs. C'est là que Wage Watts/Parzival (Tye Sheridan) et ses quelques amis/avatars vont mener leur quête à la recherche d'un "œuf de Pâques" qui donnera, à celui qui le trouve, les clefs de cet univers étendu à l'infini.
Au delà de la réussite visuelle et de la virtuosité de ce rollercoaster 2.0 qui a les réels bienfaits d'un feel good movie, l'avalanche de citations et le ras de marée référentiel ultra poppy masque mal un vieux sentiment de déjà vue.
D'accord tonton Steven a crée dans les années 80 une grammaire filmique, posé les jalons de spectacles hollywoodiens qui ont fait date et hantent encore les œuvres d'aujourd'hui, jusqu'à s'auto-parodier. Mais alors pourquoi quand je pense à TRON (1982), autre œuvre démentiel sur le jeux vidéo, ou bien à MATRIX (1999), j'ai le sentiment que là on a assisté à deux claques visuelles jamais vu avant.
Même univers ambivalent dans les deux, faisant se confronter le réel et le virtuel. Même fascination pour les vidéo games (si si dans Matrix on se fait uploader des logiciels de combats pour mieux tataner de l'agent Smith). Mais là où RPO est bon mais ne dépasse jamais le stade la citation, les deux autres étaient carrément transcendant. Là où Spielberg nous remontre la énième confrontation entre deux armées mainte et mainte fois vue depuis vingt ans (LSDA, NARNIA), TRON et MATRIX ont élevé l'inventivité et la fracture de rétine au rang d'Art. L'empilage et la surenchère ne fait pas le chef d'œuvre.
Le comble de cette dualité est atteint lorsque Wage, ayant trouvé le saint Graal, préconise dans un monde réel - qu'il décrivait lui même en ouverture comme sombre et sans avenir - de fermer l'Oasis deux jours par semaine pour profiter de la réalité.
La schizophrénie est une psychose caractérisée par une grave division de la personnalité et la perte du contact avec la réalité... ready player two ?

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Message non lu 01 avr. 2018, 18:41

LA PRIÈRE de Cedric KAHN.
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Obsessions, addictions conduisant à la marginalisation, créant des asociaux en rupture de ban, voilà ce qui traverse la filmographie éclectique de Cédric Kahn. Du sexe de L'ENNUI à l'alcool de FEUX ROUGE, le réalisateur décrit souvent des protagonistes qui auront maille à partir avec leurs propres démons (ROBERTO SUCCO, UNE VIE SAUVAGE) les menant irrémédiablement en marge de la société. Toute LA PRIÈRE est là, dans cette enchaînement implacable de choses sauf que le plus captivant ici, c'est le chemin de sortie emprunté par l’intéressé...
Soit Thomas (Anthony Bajon intense), vingt ans à peine, héroïnomane et parachuté dans une communauté d'anciens toxicos perdue dans les montagnes. Cette prison à ciel ouvert compte résoudre les problèmes de ses ouilles par le travaille et la prière, le travail et la prière jusqu'à l'absurde...
Pétant les plombs au bout d'une semaine, dans sa fuite de nuit, glacé, épuisé, il rencontrera dans une ferme salvatrice la douceur féminine (incarnée par Louise Grinberg) qui lui conseillera de retourner dans le groupe, celui ci étant sa seule chance de survit ici, ici où il n'y a pas grand chose à faire.
La femme est l'avenir de l'homme disait le poète et c'est magnifiquement mis en image par Cedric Kahn. Car il ne faut pas se laisser abuser par toute cette symbolique chrétienne, le labeur, la douleur, la foi, LA PRIÈRE et le sacrifice. Ce dont-ils ont besoin tous ces pauvres pécheurs, c'est de tisser des liens solides avec leurs semblables, pouvoir compter les uns sur les autres, se faire confiance mutuellement, jamais lâcher et être aimé. C'est bête mais ça ressemble étrangement à un noyaux familial, chose dont tous les jeunes du camps semblent avoir manqué dans leurs adolescences.
Ce n'est pas en vivant dans le mensonge que l'on arrive à trouver le bonheur explique la sœur à l'origine de la mission (Hanna Schygulla plus Sœur Emmanuelle tu meurs !) à Thomas, très impressionné par cette figure maternelle omnisciente. Mais c'est à une autre présence féminine qu’il pense immédiatement, une qui le hante, celle qui lui a sauvé la vie, et qui le mènera in extremis sur le chemin de la rédemption.
Comme quoi, le regard de l'autre peut être d'une importance capitale, salvateur, presque divin. Une petit miracle.

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Message non lu 12 avr. 2018, 19:06

DANS LA BRUME de Daniel ROBY.
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Mathieu (Romain Duris impliqué) de retour à Paris, a tout juste le temps de retrouver sa femme (Olga Kurylenko) et sa fille Sarah (Fantine Harduin un poil monocorde) qui est atteinte d'une maladie génétique rare - et accessoirement coincée dans son caisson à atmosphère contrôlé - qu'une secousse sismique interrompt leurs retrouvailles pour relâcher des sous sols de la capitale une brume mortelle qui va envahir les rues, coinçant ainsi ses habitants aux derniers étages des bâtiments. Sans électricité (no news, bulle sur batterie), les heures sont comptées pour le noyau familiale...
Phénomène ponctuel ou lame de fond (?), il est étonnant de constater, après la très belle surprise qu'était GRAVE et le très beau LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE sorti il y a quelques semaines, l’indéniable regain de vitalité du cinéma de genre français confirmé avec le DANS LA BRUME de Daniel Roby.
Alors, la brume dans le cinéma fantastique, on en a déjà vu et par deux fois de manière plutôt virtuose. Dans le FOG de Carpenter, elle était porteuse d'une vengeance spectrale ancestrale. Dans THE MYST de Franck Darabond, elle amène avec elle tout un barnum Lovecraftien des plus cauchemardesque.
Roby prend tout ceci à contre pied, décidant de faire de son nuage ocre un simple décor - menaçant certes - mais restant toujours en arrière plan, statique. Au risque par moment que son film calque un peu sa dynamique sur celui de sa brume stagnante. Car hormis une chasse canine gentillette et un face à face tendu spoilé par la bande annonce, pas grand chose à se mettre sous la dent niveau séquence marquante ou plan qui marque la rétine.
Le propos est définitivement ailleurs, pointant les dérèglements climatique et les micro catastrophes locales, DANS LA BRUME nous rappelle que nos vie ne tiennent qu'à un fil et que parfois - et par la grâce d'un twist final mémorable - la nature peu se jouer de nous en renversant les rapports de force.

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