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Devialet, champion du monde ... de ménage ;-)

Devialet: ne me dites pas que vous n'avez pas entendu parler de ce nom ces jours ci.
Si ce n'est pas le cas, on peut raisonnablement se demander où vous avez passé ces dernières heures, dans quel ermitage reculé, dans quelles terres sub-arctiques, sur quelle planète lointaine ?
Car depuis 2 jours, sur les radios nationales et privées, dans les revues économiques, sur les blogs spécialisés et sur les forums Hi-Fi et technologie, il n'est question que de ça. La marque française d'électronique, épaulée par les plus grands noms de la finance, est plus que jamais présentée de toutes parts comme le nouveau Dieu de la Hi-Fi à vénérer.
L'occasion est l'annonce (pas encore la sortie) de la dernière création de la marque, un objet, un "sound-system" (nommé Phantom) destiné à produire de la musique chez soi et entre amis, comme le font déjà les Bose, Sonos et autres appareils "tout-en un" connectés, avec cette fois un peu plus de tigre dans le moteur. De la musique ? oui. De la qualité musicale ? très probablement mais pas ultime (c'est pas forcément apte à remplacer un bon système Hi-Fi, mais là n'est pas le propos).

Devialet champion du monde de ménage:

devialet phantomDevialet et son nouveau Phantom, s'apprêtant à balayer la concurrence
Photomontage.
Musée de la Finance et de la Communication, Paris, 2014
-petite parodie, en réaction à la communication hyperbolique de l'entreprise-

Un "ménage", dans le langage journalistique ou/et "people", c'est une prestation dont la justification première est la rémunération, plus que le métier de base (l'enquête journalistique, la rédaction de billets d'information objectifs ou pertinents, ...).
Dans cette nouvelle campagne de com, Devialet donne à un grand nombre de médias l'occasion de "ménages" directs ou indirects -en renvoi d'ascenseur, ou signe de soumission aux grands noms et aux grands groupes adossés aux financeurs principaux. Et par ces "ménages" dont il use de manière exponentielle ces jours-ci, à quelques jours de Noël et des inspirations de cadeaux, Devialet entend balayer la concurrence, en se présentant au grand public comme unique interlocuteur et fabricant réellement digne d'intérêt, en se positionnant au delà de toutes les autres entreprises et de tous les autres fabricants, sur un socle insubmersible auto-édifié. La marque s'est donné les moyens d'une communication-matraquage, qui use et abuse des moyens que lui procurent ses partenaires (Bernard Arnault, Xavier Niel, et autres), dont le pouvoir sur une une large part des médias (groupes de presse, radios, soit en tant qu'actionnaires directs ou indirects, soit en tant qu'annonceurs principaux) apparait de manière inquiétante si on analyse un peu l'affaire de près: gros mélange de genres entre l'information brute, et le publi-rédactionnel au bénéfice d'une entreprise "amie".

Les moyens de communication très puissants d'une part, et la manière de l'autre: information, publicité, marketing ?

On a droit à un florilège de présentations, de discours et d'explications caricaturaux, autant risibles qu'inquiétants eux aussi: partout il nous est dit que depuis sa création, l'entreprise française cumule les innovations, les prix, la réussite incontestée (exact, sur le plan technologique et la communication), et surtout une supériorité qualitative du son. Comme si ces appareils avaient réussi à supplanter le travail des autres entreprises et des décennies de patients développements des acteurs historiques (et on en a quelques-uns de premier ordre en France), et avait trouvé, par calcul d'ingénierie les plus modernes, les martingales remisant comme désuettes toutes les propositions des recherches passionnées et expérimentées avec succès par les plus grands noms de l'acoustique et de l'électronique française et mondiale. Et comme si l'électronique seule pouvait résoudre toutes les problématiques d'une restitution réussie !
Personne n'a attendu l'arrivée de Devialet pour proposer des réussites sonores de premier ordre, et de belles innovations qui font progresser la retranscription musicale. Devialet aurait d'un coup dépassé tout le monde ? c'est ce que l'on tente de nous faire croire.
J'exagère les abus de communication? Jugez par vous même sur 1 exemple: Radio Classique, ce 16 décembre 2014, jour de l'annonce du lancement de l'appareil -et je ne parle pas des nombreux articles de magazines des plus grands titres nationaux, et des principaux blogs liés à la Hi-Fi et à la technologie:
http://www.radioclassique.fr/player/progaction/initPlayer/podcast/decryptage-de-david-barroux-2014-12-16-07-56-30.html
"meilleure chaîne Hi-Fi du monde ", "ce que les spécialistes considèrent vraiment être le meilleur son de la planète", en moins cher que les Rolls du son, ...
Car oui, le message récurrent que l'entreprise Devialet, depuis quelques années, met dans la bouche des présentateurs, "journalistes" (on m'autorisera les pincettes), sous la plume et le clavier des rédacteurs et pigistes de blogs, c'est que l'entreprise est la meilleure, la championne, qu'elle révolutionne la Hi-Fi, qu' "un jour, tout le monde aura un Devialet" (un des slogans fétiches de la marque). Et que je te "meilleures électroniques au monde", meilleures que les meilleures en moins cher, ..., à longueur de publi-reportages qui ne disent pas leur nom.

Un journaliste, c'est pas une personne qui réfléchit ses textes et ses interventions, qui ne se limite pas à lire en direct les énormités du dossier de presse, qui s'informe un peu ? Est-ce qu'un de ces présentateurs a pu écouter les systèmes Devialet aux salons parisiens de ces dernières années (2 par an) pour juger du réalisme de ces affirmations ? Ont-ils cherché 2 minutes sur internet ce qu'en disent les personnes qui ont testé, pour voir si c'est vraiment l'unanimité pour des appareils annoncés comme inatteignables en qualité et rapport qualité prix ?
Que les ingénieurs Devialet aient trouvé quelque matière à innovations, des circuits nouveaux, du design, c'est parfaitement concevable, et c'est le minimum quand on met en oeuvre une machine aussi impressionnante (90 employés, dont 40 ingénieurs, on peut raisonnablement attendre du nouveau). Mais que ceux là aient réussi à trouver de quoi supplanter largement et en peu de temps le meilleur de ce qui a été fait jusque là, ça mérite un rien de vérification. Qui n'a été faite par aucun de ces organes de presse: possédés, affiliés, courtisans, médias intéressés par la manne publicitaire que dépense ou pourrait dépenser chez eux cette marque qui semble disposer de moyens colossaux pour le secteur d'activité, ou par les indépendants surfant sur une vague d'intérêt ou de com pour tenter de rester dans le vent; tous ont à la bouche ces arguments de vendeur de lessives des années 70, oubliant la plus élémentaire des précautions, du recul, de l'analyse, des vérifications. Ce moutonnage, par intérêt ou par conformisme, par calcul ou par manque d'esprit critique, fait froid dans le dos.

Ce qui est particulièrement dérangeant, outre les mensonges de ces communications et l'incompétence et la servilité des médias qui les portent sans réserve, la fatuité de ces arguments, et leur immodestie abyssale, c'est la ringardisation des acteurs historiques, compétents et précieux, que ces discours d'auto-célébration déguisée dénigrent insidieusement. Et Devialet ne fait pas les choses à moitié: outre le fait de proclamer et faire dire de par le monde leur supériorité incontestée, il y a aussi certains procédés marketing et techniques qui surprennent, et font se poser de légitimes questions:

Leur technologie SAM, destinée à adapter les électroniques de la marque aux enceintes des fabricants extérieurs par mesure spécifique des enceintes, a été mise en place sans concertation ni accord avec nombre de marques concernées, sans travail conjoint pour valider les choix techniques de mesures et les modifications apportées; le "SAMmage" permet de plus de récupérer à peu de frais des informations techniques de premier plan (technologies, caractéristiques et mesures) des concurrents, alors que Devialet commence à sortir ses premiers modèles d'enceintes.
Pour la légitimité technique de Devialet à modifier le rendu des enceintes de concurrents, juste une question: comment une marque, dont les démonstrations des salons Hi-Fi parisiens n'ont pas fait l'unanimité, peut-elle prétendre corriger et améliorer mieux que les fabricants les modèles qu'ils ont du mal à faire sonner correctement eux mêmes lors des salons ? (on pense à certains modèles prestigieux d'enceintes utilisées pour ces démonstrations).

Devialet, aidé par ses actionnaires aux moyens impressionnants, s'est lancé dans une communication marketing tapageuse et prétentieuse, entendant sans doute capter le Grand Public à ses appareils novateurs.
Produit français, start-up, technologie de pointe, innovation, design, aucune contestation à avoir sur ces éléments factuels, et bravo pour ces vraies réussites.
C'est par contre sur l'aspect de la qualité sonore que les choses peuvent s'apprécier différemment, et qu'un peu de retenue devrait être de mise. Les superlatifs utilisés semblent largement usurpés, et les personnes qui les prononcent dans les médias n'ont pas vraiment de justifications à proposer pour étayer leurs annonces. Bien peu de contradiction portée à cette communication agressive, ce marketing d'une autre époque, qui surprend et décontenance par son culot, par l'énormité de ses affirmations. Mais dans un sens, avec raison: la soupe leur est servie, aucune question de fond ou justification ne leur est demandée sur leur principal argument de la qualité sonore. Qui dans les médias osera poser au roi auto-proclamé la question de sa nudité, lui qui se vante de vêtements superbes ? (en référence au conte "le roi nu").

Non pas que leurs appareils soient mauvais, mais leur supériorité de principe sur toutes les propositions d'autres fabricants, affirmée constamment, n'a pas de début de légitimité, et ne résiste pas à un simple examen (les visiteurs des salons Hi-Fi auront pu constater par eux-mêmes, à plusieurs reprises).

Devialet propose des appareils pour l'écoute de la musique. Pour se présenter comme champion incontestable, faut pas craindre le ridicule:
-la perfection absolue, et même la supériorité en toutes circonstances, en retranscription musicale est, comme dans beaucoup de domaines, impossible à atteindre, par principe: à cause de la multiplicité des situations d'écoutes, qui chacune nécessite des configurations spécifiques, et des choix de réglages et de valeurs cibles. Un peu comme si on vous disait qu'une marque fait la meilleure voiture au monde, quelles que soient les usages et circonstances envisagés. Impossibilité de principe: tout dépend de l'usage, des besoins, des conditions d'utilisations, des attentes de l'utilisateur. La voiture meilleure que toutes les autres en toutes circonstances, ne peut pas exister, et c'est pareil en Hi-Fi.
-ensuite, une supériorité absolue ne s'auto-décrète pas: on la met en oeuvre (pour les écoutes salon, on attend encore), et on la fait valider par des organismes réellement indépendants. Et l'information générale devrait traiter les acteurs du secteur avec équité, ce n'est pas vraiment le cas. Sinon, on prend les gens pour des truffes, comme la pire des communications marketing (les vendeurs de lessive des années 70).

La musique est une chose forte, mais riche, subtile et nuancée, intelligente souvent, et sensible. C'est pénible de voir débarquer de nouveaux venus qui occupent très puissamment le terrain médiatique, et s'auto-arrogent une supériorité de principe, par une communication réalisée au bulldozer, bafouant tout un secteur d'activité, plein de personnes compétentes, respectables, qui méritent vraiment de la reconnaissance sur le strict plan du résultat musical, et pas une relégation au second plan.

Vous voulez savoir quelles fabrications méritent vraiment de l'intérêt ? laissez de coté toutes les annonces de moyens techniques extra-ordinaires, qui n'ont jamais rien garanti à eux seuls. Intéressez vous prioritairement au résultat musical, que vous aurez pris le soin de découvrir et de connaître "au naturel", avec de la musique acoustique vivante. Ensuite, vous commencerez à être progressivement en mesure de juger par vous-même de la performance des différents matériels proposés et de leur association. Faire de bons appareils à musique, c'est de l'ingénierie poussée, mais pas seulement. Il faut que cette ingénierie serve la musique, et n'occulte pas la sensibilité et l'équilibre d'un résultat sonore, que vous devez reconnaître pour vivant (et pas uniquement "impressionnant" ou superlatif).
La technique pure et les calculs préalables sont impuissants à assurer à eux seuls le caractère réaliste, vivant, équilibré et subtil de la musique: il faut en plus de longues phases d'élaboration et de modifications aux mesures de protos, et d'écoute, et de la sensibilité, du savoir-faire et de l'expérience, pour palier aux limites et aux manques de la théorie et des calculs.

Il y a bien du ménage à faire, mais d'une toute autre nature: dans sa tête: ne pas se laisser impressionner par des annonces non vérifiées, se méfier des écoutes typées Hi-Fi, chercher le naturel de la musique retranscrite, après l'avoir apprivoisée en vrai. Allez voir les bonnes propositions des constructeurs historiques français, et autres. C'est un foisonnement, une richesse, dont personne ne peut se prétendre le roi.

Bon ménage !