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Victoires de la musique 2014: Victoire, vraiment ?

Hier, c'était la cérémonie de remise des Victoires de la musique classique, sur France 2.
Je signalais l'évènement hier sur la page Facebook d'Enceintes et Musiques, et comptais bien me pencher un peu sur cette manifestation annuelle ...
J'ai pas tenu plus que le temps du morceau d'introduction !

Victoires de la musique 2014

Je m'étais préparé un peu avant l'heure: radio (France inter/France Musique), pour la qualité du son, et image sur l'Ipad. Techniquement, l'écueil était prévisible: absence de synchronisation son et image entre les différents médias, comme toujours malheureusement, impossible de suivre autrement qu'à partir d'une seule source. J'aurais dû faire l'effort d'aller à la salle d'écoute pour un son et image au top, synchronisés, mais inconsciemment, je devais déjà douter de l'intérêt de la chose ...

Ca n'aurait effectivement rien changé: dès l'ouverture, on nous projette à la face des décors et lumières des pires émissions de variété, une scénographie putassière de prime time, lustre en frous-frous emperlousés avec projections vidéo, jeux de lumières sous cocaïne, le tout sans la moindre once de poésie, de sens de la nuance, de retenue (ou de vrai enthousiasme communicatif): j'ai pas tenu 2 mn. En plus, la réalisation était gerbatoire, enchainant les plans comme ceux d'un film d'action, sans s'arrêter un seul instant sur d'hypothétiques vues intéressantes. Le mouvement pour le mouvement, aucun but apparent fixé (rien que je n'aie pu déceler en tout cas, si ce n'est la volonté d'exploiter à fond et sans rien oublier toute la technique mise en oeuvre pour les prises de vue, comme avec les lumières).

Comme je suis un peu têtu, je tenterai un visionnage de l'émission en replay, mais je vous garantis pas de réussir: mon sens du sacrifice a des limites ...
C'est bien pour voir si quelques artistes sont à repêcher, mais c'est chercher des perles dans le tas de détritus: faut pas avoir peur de se souiller.
Bon sang, pourquoi laisser aux réalisateurs et producteurs de télé de prime time les manettes pour ce genre d'émission ? Pourquoi ne pas les tendre aux vrais professionnels, ceux qui préserveront l'essence du classique, sans chercher à la dévoyer pour tenter d'attirer un autre public, en emballant hier encore un contenu riche, dans un décor et des tics télévisuels qui sont justement ce dont le classique nous épargne ... Un peu de sérieux et de professionnalisme n'empêche pas l'humour et le divertissement, sans devoir tomber nécessairement dans les pires émissions imposées à longueur d'année aux prospects publicitaires traités comme une catégorie populaire, dans le sens péjoratif et méprisant du terme.

J'avais noté cette tendance, dans une bien moindre mesure heureusement, lors de certaines émissions musicales de Zygel l'été: contenu intéressant, mais emballage trop emprunté de recettes de variété de bas étage (décor, "mise en scène"), plans de réalisation (montage) artificiels, invités people juste à la limite (de l'intérêt bénéficiant au propos musical ), alors qu'heureusement le contenu musical et les propos musicologiques sont d'un autre ordre, plus intéressants, invitant intelligemment à la découverte et à l'émotion, tout en transmettant des clés d'accès aux techniques et à la compréhension des mécanismes présents dans les musiques dites classique.
Les acteurs du classique se font piéger par ce genre d'émission (je parle de ces Victoires) faites par des personnes qui ne sont pas du classique, et pas inventives, pas artistes.

C'est finalement une mécanique de la télé de bas étage, dans laquelle on fourre le classique dont l'essence même est la richesse, la subtilité, l'inventivité, la complexité, mais avec une trame intelligente, et qui a une vocation quasi transcendentale. Du coup, c'est un choc inconciliable de cultures et de buts que tout oppose, par nature. La télé de prime time tente ordinairement de se mettre à la portée du plus bas, quand la musique classique entend porter son auditeur aux sommets de l'humain.
Cette tentative d'ouverture à la télé et à un public élargi est impossible à réussir si cette télé ne change pas de visée. Il faudrait voir quel est son but réel, celui de ces émissions en tout cas, et l'affaire n'est pas claire; elle semble juste montrer une tentative peu poussée de rapprocher des mondes, presque plus pour se dédouaner de s'intéresser si peu au classique (malgré la présence régulière de beaux concerts), comme le classique, de son coté, espère augmenter de quelques miettes la portée "marketing" du classique, une sorte de lobbying profitant aux labels et salles de spectacle, et justifiant des politiques, des postes et des fonds publics.
Pour une tentative d'ouverture de la musique classique à un public plus large, je pense pas que ce soit très efficace.
A l'opposé, et pour illustrer, le festival de la Folle Journée de Nantes, qui vient de s'achever, réussit admirablement: très large ouverture à tous les publics, 1/4 des concerts gratuits, très grande accessibilité, pas de prise de tête, et une programmation (oeuvres, interprètes) très divers et variés, mais au top. Pari réussi, succès inégalé, remplissage quasi total des salles pour chacun des évènements et concerts (pas loin de 310 en 5 jours).

La télé a des leçons à prendre ... Mais ça implique de laisser une partie de ses prérogatives à d'autres, ou d'envisager différemment les rapports et les zones de découverte entre téléspectateurs habituellement ciblés par la télé et le monde de la musique classique; cette transposition semble douloureuse à accomplir.

Et encore: une chose est de commettre une erreur, une autre est de la répéter d'année en année. A moins que le genre lui même (une cérémonie officielle à la télé, célébrant les acteurs d'un monde qui n'est pas la télé) ne puisse exister sans souffrir certains inconvénients ? A la rigueur, soit. Mais qu'on nous épargne au moins les fanfreluches, et tous les habillages et vocabulaires d'images et de techniques qui ne sont que ceux des jeux, de la télé-réalité, et des émissions de variété qui n'ont rien inventé depuis des décennies. Cessez ces décors clinquants, ces lumières pilotées par ordinateur comme une palette graphique qui n'est que technique, jamais sensible, et jamais ne sert le moindre propos artistique. Que les réalisateurs tentent des plans de plus de 3 secondes, que soit cherchée l'efficacité et le plaisir de l'image par la simplicité, l'économie, l'intelligence et la sensibilité; à défaut, les débauches de moyens techniques mis en oeuvre et sur-utilisés noient le sujet, l'enlaidissent, le corrompent, en font perdre la nature profonde. Si les producteurs ne savent pas faire aussi bien qu'un Grand Echiquier avec la richesse des moyens techniques actuels, qu'ils s'en tiennent là, et ne tentent pas de masquer leur indigence artistique par des effets surjoués et surmultipliés, sans la moindre inventivité ou sensibilité.

L'année prochaine, je me ferai plutôt une rediffusion d'un concert de la Folle Journée sur Arte Live Web, et tant pis (et dommage) pour le coup de projecteur sur les nouveaux musiciens remarquables du moment: passées certaines limites, quand la forme déstructurée et indigente tue le fond, plus rien de bon ne peut sortir.

On peut causer de ça ici, sur le forum